COMPASSION SELECTIVE

Le nombre étouffe les consciences

Il y a quelques jours, nous avons sur tous les médias du monde l'image d'un enfant mort sur une plage de la Méditerrané. A sa seule vue, les opinions publiques se sont émues. Les gouvernants ont bougé de leurs sièges sur lesquels ils s'étaient assoupis. C'est vrai que les places sont bonnes, elles sont chaudes, et on y mange à faire bombance.

La mort d'un enfant remue la conscience des foules. C'est un drame, une tragédie mondiale ! De la compassion pour un enfant, mais un rejet une fois devenu adulte ! Ses parents sont rejettés sur la plage de nos désolations. Nous sommes en effet désolé pour ces touristes qui voient la misère arriver dans leurs assiettes ! Quel manque de savoir vivre ! On entend des petites voix qui leur disent d'aller mourrir ailleurs !

Depuis plusieurs mois, plusieurs milliers de gens meurent noyés. C'est moins grave parce que ce nombre n'est qu'une statistique de plus dans la misère du monde. Cela fait surtout trop de morts à porter sur sa conscience.

N'est-ce pas une discrimination par l'âge ? Une discrimination par le nombre ?

Notre compassion serait-elle sélective ? Avons-nous réellement de la compassion envers chaque être humain ? Le discernement est la marque de la compassion, la discrimination est la marque d'un rejet, d'un dégout, un manque d'amour de soi et des autres...

Le droit des peuples à l'autodétermination, chère valeurs aux Lumières, est encore une fois passé à la trappe de nos démocraties.

 

Toulon sur Arroux, le 13 septembre 2015

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